Type et date de soutenanceSoutenance de thèse

Taïwan vue par les étrangers : illustrations photographiques de Taïwan dans les publications étrangères, 1843-1945

Ying-lung Su

Résumé, L’objectif de cette thèse est d’explorer une source d’images de Taïwan pour la plupart ignorées jusqu’à maintenant : les illustrations photographiques parues dans des publications étrangères, entre 1843 et 1945. Ce sont les nombreuses photographies faites par des étrangers séjournant à Taïwan depuis le XIXème siècle, ou commanditées par le gouvernement japonais de l’île après 1895, afin d’être publiées dans des périodiques ou des ouvrages à l’étranger, qui sont devenues la seule archive consultable. Dans les 108 publications étudiées, près de 2000 images ont été recensées, pour beaucoup photographiées sur la publication originale, toutes reproduites, légendées et référencées dans un volume annexe. La période considérée (1843-1945) est scindée en deux temps par l’annexion de Taïwan par le Japon en 1895, une mutation politique qui a un impact majeur sur l’activité économique, l’urbanisation, l’organisation sociale, et par conséquent, sur les images qui rendent compte de l’état du pays.  L’étude cerne d’abord l’histoire des relations des nations étrangères avec Formose-Taïwan, puis expose avec précision l’ensemble des sources éditoriales recueillies, les informations qu’elles contiennent, et analyse les liens avec les pays étrangers par l’identité des éditeurs, des auteurs, et des langues utilisées, et ensuite l’activité de différentes catégories de photographes produisant les images, ceux-ci étant souvent des amateurs également auteurs des textes. Les techniques de la photographie et de l’illustration imprimée sont prises en compte pour saisir les possibilités de l’illustration photographique, avec la césure importante de la photogravure qui apparaît ici en 1893.  L’étude de l’ensemble des images recueillies dégage les principaux thèmes des illustrations, et la manière de s’inscrire dans les objectifs éditoriaux des articles ou ouvrages, de la topographie à l’exploitation du camphre, et aux développements des écoles. Deux grandes questions dominent ce corpus d’illustrations, toutes deux prenant corps avec la colonisation japonaise : la reconnaissance des tribus aborigènes, souvent qualifiées de « sauvages », objet de curiosité, de bienveillance ethnologique, de peur ou d’hostilité, et soumises à de véritables investigations photographiques qui représentent un tiers de l’illustration globale ; la modernisation, l’urbanisation, le développement économique, les transformations sociales qui s’ensuivent, sous le contrôle japonais. L’étude met en avant la diversité et l’ambigüité des points de vue « sur Taïwan », des attitudes « étrangères » à l’égard de Taïwan, mais aussi la valeur visuelle et esthétique d’une archive en majeure partie inédite, dispersée, et désormais disponible sous forme numérique, Jury,

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  • Mme Yolaine Escande (Directrice de thèse), CNRS
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  • Mme Christine Barthe, Musée du quai Branly
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  • M. Stéphane Breton, EHESS
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  • M. Emmanuel Lincot, Institut catholique de Paris (ICP)
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  • M. Michael Luncken, INALCO
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