Type d'événement, date(s) et adresse(s)Conference

École d'interprètes internationaux et l’École des Sciences humaines et sociales de l’Université de Mons

Cinq conférences de Tiphaine Samoyault, lauréate de la Chaire Francqui 2023-2024

Thématique(s)Littérature
Photo © Bénédicte Roscot

Tiphaine Samoyault est lauréate de la Chaire Francqui 2023-2024. Dans ce cadre, l’Université de Mons (UMONS) accueillera Tiphaine Samoyault (directrice d'études CRAL/EHESS) pour un cycle de cinq conférences, à partir du lundi 26 février 2024, prononcées à la Faculté de traduction et d'interprétation - École d'interprètes internationaux et à l’École des Sciences humaines et sociales de l’Université de Mons. Le séminaire s’organise autour de 5 conférences.

Leçon inaugurale : Doit-on transformer les œuvres du passé ?

  • Lundi 26 février 2024, 18h30, auditoire La Fontaine

Cette conférence inaugurale cherchera à apporter des nuances dans un débat contemporain parfois très polarisé entre celles et ceux qui considèrent les textes comme intouchables et les autres qui estiment possible d’en adoucir certains traits devenus illisibles. Sans le recouvrir tout à fait, ce débat rejoint celui de la question woke qui donne aussi lieu à des positions caricaturales. Je m’efforcerai d’inscrire ces débats dans la pensée plus générale d’un nouveau partage des voix et de la relation entre représentation et représentativité.

Traduire en temps de guerre : la profession de fixeur/fixeuse

  • Mardi 27 février 2024, 13h30, auditoire Landercy

La leçon portera sur le personnage du « fixeur » dans les zones de conflit, afin de cerner les contours d’une figure polymorphe, à la fois guide, interprète et facilitateur de l’information et parfois de la stratégie militaire. Le terme de « fixeur », apparu en anglais au moment de la guerre du Vietnam (fixer), appartenait plutôt jusque-là au jargon journalistique : il désigne ceux ou celles qui accompagnent les journalistes ou les armées sur les terrains risqués les faisant profiter de leur expérience des lieux, de leurs connaissances des langues et de leurs contacts. Cette figure témoigne de l’ambivalence de la traduction en temps de guerre et de son impossible neutralité.

Transparence et opacité dans la traduction

  • Mercredi 28 février 2024, 18h, auditoire La Fontaine

L’IA au service de la traduction est fondée sur le principe de l’équivalence, au nom d’une transparence des langues et des cultures entre elles. Nous évoquerons les problèmes posés par ce principe et reviendrons précisément sur l’expression d’Édouard Glissant de « droit à l’opacité » (Le Discours antillais, p. 14).

Quelle éthique pour la traduction aujourd’hui ?

  • Jeudi 29 février 2024, 10h30, auditoire Landercy

L’éthique de la traduction a mis au cœur de la traductologie la pensée de l’étranger et de l’altérité dont celle-ci est porteuse. En tant qu’exercice de la différence, la traduction serait exemplaire d’une relation respectueuse de l’étranger, d’un rejet de l’ethnocentrisme. Or, la relation à l’autre n’est pas toujours la même en traduction, l’étranger n’est pas le même étranger, le poids de l’histoire ne joue pas de la même façon lorsqu’on traduit une petite langue vers une langue dominante, ou une langue travaillée par la mémoire de l’oppression d’autres langues vers une langue d’oppression ou de domination. Nous réfléchirons à ces questions en nous centrant en particulier sur le principe de l’actualisation en traduction.

Le bégaiement décolonial

  • Jeudi 29 février 2024, 18h, auditoire Landercy

 Prolongeant la pensée de Gilles Deleuze qui fait du bégaiement un trait des littératures mineures, Seloua Luste Boulbina, dans L’Afrique et ses fantômes (Présence africaine, 2015), écrit : « Aujourd’hui, je revendique le bégaiement comme l’expression de la décolonialité en acte. » Nous réfléchirons à la portée de cette formule à partir d’exemples, sans faire uniquement du bégaiement une métaphore, mais en nous appuyant sur les apports des Disability Studies.

À propos de la Chaire Francqui

La Chaire Francqui existe depuis 1933 et constitue l’une des activités phares de la Fondation du même nom. Cette Chaire encourage la collaboration et les échanges entre les universités belges. Ceci enrichit les environnements académiques, favorise l’excellence académique et la recherche interdisciplinaire, et contribue également à renforcer les réputations des différentes universités.

La leçon inaugurale d’un tel cycle est généralement l’occasion de réunir toutes les personnalités éminentes du domaine en question.

Crédit photo : © Bénédicte Roscot (instagram (@ben.roscot))