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Appel à communications - JE "L’art avec (ou sans) le marché de l’art", Revue Marges n°28

Appel à contributions - Revue Marges 28

Journée d’études « L’art avec (ou sans) le marché de l’art »

 

Le marché de l’art a connu une croissance extrêmement forte ces dernières décennies, au point de douter de tout retournement de tendance. Le secteur de l’art contemporain est au coeur de ce phénomène et il semble particulièrement nourrir les appétits d’investisseurs pour qui la valeur de l’art échapperait par nature aux fluctuations ordinaires de l’économie. Bien entendu, il est difficile de croire que de telles valeurs soient dotées de propriétés magiques : si le marché de l’art s’envole, ce n’est pas pour des raisons purement artistiques mais plutôt à cause d’un ensemble de facteurs, au premier rang desquels la spéculation économique. Parce que l’argent possède une place centrale dans l’imaginaire collectif, la question se pose de savoir s’il est encore possible de parler d’art sans mentionner les sommes importantes qu’il requiert. Comment s’articule la relation entre la cote marchande d’un artiste et sa valeur esthétique ? Il est difficile en effet de croire que l’évolution récente du marché de l’art soit sans conséquences sur les positionnements au sein d’un champ de l’art où les inégalités de revenus et de positions sont aussi importantes. Cela amène inévitablement à se demander si la valeur (esthétique) d’un artiste est réductible à sa cote sur le marché.


Le développement hyperbolique du marché de l’art contemporain a des conséquences sur les postures et les pratiques de la plupart des acteurs du champ, à commencer par les artistes eux-mêmes. Autrefois, nombreux d’entre eux professaient de mépriser le commerce de l’art ; c’était même l’une des ritournelles bien connues de la Bohême. Ces dernières années, la situation a semble-t-il changé : bien qu’il y ait toujours autant d’artistes dépourvus de ressources, certains d’entre eux choisissent de mettre en scène leur train de vie et leur bonne fortune. Cette posture n’est pas sans écho dans l’histoire ancienne de l’art, mais elle tranche largement avec l’éthos puritain de la modernité. De fait, le succès commercial n’est plus vu comme un gage de médiocrité et/ou de trahison, notamment par les critiques, conservateurs, commissaires et historiens de l’art. À titre d’exemple, les dossiers de presse des galeries ont acquis une valeur qui dépasse la simple information et chacun s’empresse de relayer leur contenu. Certaines de ces galeries occupent une position dominante, à égalité avec les principales institutions artistiques, dans la programmation des grands événements (foires, expositions rétrospectives).


Que faut-il en penser : le marché est-il réellement devenu le prescripteur principal des valeurs artistiques ? Sommes-nous arrivés à une situation où il devient impensable de s’opposer à un système dont tout le monde ne bénéficie pas mais qui continue d’exercer un attrait important sur les artistes – et jusque sur l’économie néo-libérale qui valorise fortement les valeurs liées au monde de l’art ? Le marché détermine-t-il l’évolution des productions artistiques, comment et par quels relais ?

Axes de réflexion possibles :

  • Les effets de la croissance du marché de l’art sur les pratiques artistiques ;
  • La relation entre le marché, la programmation des institutions et l’élaboration des textes critiques... ;
  • L’évolution du marché de l’art au cours des dernières décennies. Sa condition contemporaine ;
  • Les différents secteurs du marché de l’art, leur création et évolution récente ;
  • Les pratiques (d’artistes, de théoriciens, de critiques ou d’activistes) qui cherchent à créer des alternatives au marché de l’art ;
  • Les relations économiques au sein du monde de l’art ;
  • La question de la pression exercée par l’argent et la quête de visibilité dans l’enseignement supérieur en art ;
  • Les questions économiques comme sujet de création artistique.

Modalités :

Cet appel à contribution a pour finalité une journée d’étude et une publication au sein d’un numéro thématique de Marges. Les propositions devront nous parvenir sous forme d’une problématique résumée (5000 signes maximum, espaces compris) avant le 1er décembre 2017, par courriel à jerome.glicenstein@univ-paris8.fr. Les textes sélectionnés (en double aveugle) feront l’objet d’une journée d’études qui aura lieu le 24 février 2018 à Paris, à l’INHA. Pour ceux qui auront été retenus, le texte des interventions sera à transmettre avant le 15 février 2018 (40 000 signes espaces compris). Les textes seront susceptibles d’être publiés dans le numéro 28 de Marges qui paraîtra en mars 2019. La revue Marges (Presses Universitaires de Vincennes) fait prioritairement appel aux jeunes chercheurs des disciplines susceptibles d'être concernées par les domaines suivants : esthétique, arts plastiques, études théâtrales ou cinématographiques, musicologie, sociologie, histoire de l'art…

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Symposium: “Art with (or without) the art market”

 

The art market has steadily increased in last decades, up to a point where many observers tend to doubt it could ever go back to its initial state. Contemporary art is at the centre of this phenomenon and seems to be feeding the appetites of investors for whom art value escapes by its very nature the ordinary fluctuations of general economic tendencies. It is however difficult to believe that such values are adorned with magic properties: if there is an art market boom, it is not for purely artistic reasons and it has more to do with a group of factors, the most important being economic speculation. Knowing that money has a central role in the imagination of most people, the question has to be asked whether it is still possible to talk about art without mentioning the vast sums it requires. How does the relation between monetary and aesthetic evaluation function? It is indeed difficult to believe that the art market’s recent growth is without consequences on positions within a field of art where income and social positions inequalities are so important. This leads inevitably to questions regarding the relations between aesthetic value and market listings.


This situation has consequences on artists’ attitudes. In the past, quite a few used to ostentatiously despise the art market; it was one of the well-known postures of Bohemia. In recent times this situation seems however to have changed: if there is still a large number of poor artists, others choose to stage spectacularly their luxurious way of life and good fortunes. This posturing evokes ancient art history, and at the same time it contradicts largely modernity’s puritanical ethos. In any case, one must admit that commercial success is no longer seen as a sign of mediocrity/treason by critics, art historians, museum and exhibition curators. Press releases issued by commercial galleries have for example gained a respectability that goes well beyond plain information and everyone strives to spread around their content. Some galleries occupy a central position in the art world, at the same level as the main artistic institutions, and it can be seen in the way major events are programmed (art fairs, retrospective exhibitions).


What should one think of this situation: has the market really become the main arbiter of artistic values? Have we reached a point where it becomes unthinkable to oppose a system that does not benefit to all (but of which everyone would be honoured to be part of? Does the market determine the evolution of artistic practices?

Possible axes of reflexion:


  • The effects of the art markets’ growth on artistic practices;
  • The relation between the market, institutions programming and the elaboration of critical texts…;
  • The evolution of the art market in recent decades. Its contemporary condition;
  • Different sections of the art market; their creation and recent evolution;
  • Practices (by artists, theoreticians, critics or activists) that seek to create alternatives to the art market;
  • Economic relations within the art world;
  • Artistic creation informed by economic topics.


This call for papers will lead to a symposium and a publication as a thematic issue of the art journal Marges. Propositions should be sent in the form of an abstract explaining the topic of the paper (800 words maximum), before December 1st, 2017, by email, at the following address: jerome.glicenstein@univ-paris8.fr Selected propositions (by double blind reviews) will participate in the symposium on February 24th, 2018, at INHA in Paris. The selected texts will have to be transmitted before 15 February (6500 words maximum) and they might be published in Marges #28, released in March 2019. Marges (Presses Universitaires de Vincennes) emphasizes the work of young scholars of fields concerned by themes such as aesthetics, fine arts, theatre and film studies, musicology, sociology, art history, etc.

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