Projets ANR

ANR MUSIMORPHOSES

ANR coordonnée par Philippe Le Guern (Professeur, Université de Nantes, CAPHI et CRAL-EHESS).

ANR "Musimorphoes" associant 3 équipes : Centre Atlantique de Philosophie, Université de Nantes / LINA, Polytech Nantes / CRAL-EHESS.

Présentation

Le passage des technologies analogiques aux technologies numériques semble avoir affecté en profondeur les mondes de l’art et leurs différents domaines (photographie, musique, littérature, cinéma, etc.), comme en attestent les nombreuses recherches consacrées à ce sujet. En résumé et pour l’essentiel, ces travaux portent d’une part sur la réorganisation du secteur industriel et l’adoption de nouveaux modèles économiques, d’autre part sur la transformation des métiers et des professions artistiques, en troisième lieu sur la question de l’innovation technologique et des cycles historiques d’émergence et d’adoption de nouvelles technologies, et enfin sur la transformation des processus cognitifs, des systèmes de représentation et des régimes ontologiques et axiologiques qui accompagnent chaque nouvelle configuration des mondes de l’art. En d’autres termes, avec le « digital turn », ce sont les outils, les métiers, les savoir-faire et les identités professionnelles qui auraient été transformés et plus fondamentalement encore, c’est notre sens du réel, de la vérité et de l’objectivité, de la narration et du texte, du commentaire et de l’interprétation, du savoir et de l’expertise qui aurait muté, comme le suggèrent les analyses récentes de François Bon ou de Roger Chartier à propos du livre et du passage au E-Book, celles de Philippe Le Guern à propos de la musique ou de André Gunthert ou Fred Ritchin au sujet de la photographie.  

Bref, nous assistons bien à l’émergence non seulement d’un nouveau phénomène culturel, mais ce phénomène lui-même est à l’origine d’une nouvelle culture, le numérique jouant e quelque sorte un rôle similaire à ce que Jack Goody a pu décrire à propos de l’écriture et de la littératie.

Ce projet ANR souhaite par conséquent examiner l’hypothèse selon laquelle le « virage numérique » aurait modifié de façon décisive l’expérience et la conception que les amateurs ont de la musique. En centrant notre projet sur la musicalisation du quotidien, c’est à dire l’ensemble des usages, faibles ou forts, qui se déploient dans nos différents rapports à la musique (l’écoute, la danse, la collection, la critique, la prescription, etc.), nous entendons voir comment cette activité qui compte parmi les pratiques culturelles les plus prisées, a éventuellement pu être transformée par le « virage numérique » : la dématérialisation des contenus - ce que Fabien Granjon et Clément Combes ont baptisé la « numérimorphose », terme qui, succédant à la « discomorphose » d’Antoine Hennion, prend acte d’un basculement de régime dans les relations de l’amateur à la musique -, désigne l’émergence de nouveaux usages : écouter, posséder, partager, archiver connaissent des transformations importantes avec l’apparition du streaming, la co-existence de multiples supports d’écoute (l’ordinateur voisine avec la chaîne Hi Fi et le baladeur MP3), le rôle accru des réseaux de fans, etc. Si la musique est toujours un vecteur de production et de mise en scène de nos identités, ou si elle entre en résonnance avec nos affects et nos états émotionnels, la musicalisation du quotidien semble bel et bien avoir été affectée par le virage numérique. Ainsi, la dématérialisation semble inverser le paradigme jusqu’alors dominant, celui où la musique finissait par se confondre avec le médium (la cassette, l’album vinyl, le CD), pour lui substituer un nouveau paradigme : la musique devient un service et non plus un data, on passe d’une société du produit à une société de l’expérience.

Certes, la numérimorphose n’a pas purement et simplement fait disparaître la discomorphose, mais les technologies aujourd’hui disponibles – streaming qui tend à se substituer au téléchargement, clouding, nouvelles possibilités d’interfaçage pour favoriser le partage et la recommandation de playlists – semblent aller dans le sens d’une reconfiguration sociotechnique de la relation traditionnelle musicien-label-consommateur.

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Journée du CRAL

Journée(s) d'étude - Vendredi 20 janvier 2017 - 09:15Imaginée à l’occasion de la formulation du projet de recherche collectif du CRAL pour les 5 années à venir, cette journée s’organise selon une série de panels thématiques ouverts, provisoires et mobiles, qui sont nés de la lecture des propositions d’intervention, mais où tous ceux qui le souhaitent sont invités à prendre la parole, afin de faire émerger d’autres catégories, d’identifier des pistes et des regroupements possibles.Le format n’est pas celui de la « communication » classique de colloque : chacun est invité, à l’intérieur des panels, à intervenir en quelques minutes seulement, pour faire connaître une direction de recherche, et laisser le plus de temps possible à la discussion, à l’imagination, à la transformation et à l’élargissement de nos projets.Les panels sont les suivants  : "Arts, démocratie, multitudes" ; "Gaïa et ses vivants" ; "Images sociales, anthropologie du visible" ; "Esthétique et cognition" ; "La pensée en performance"

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Fiction et documentaire : qui trace les frontières et comment ?

Séance spéciale de séminaire - Mardi 17 janvier 2017 - 15:00Conférence donnée dans le cadre du séminaire "Entre fictionnel, virtuel et documentaire : narratologies en confrontation"Organisation : Olivier Caïra, maître de conférences à l'IUT d'Évry ( Hors EHESS ) ; Claude Calame, directeur d'études de l'EHESS (TH) ( CRAL ) ; Sabine Chalvon-Demersay, directrice d'études de l'EHESS, directrice de recherche au CNRS (TH) ( IMM-CEMS ) ; Annick Louis, maître de conférences à l'Université de Reims (TH) ( CRAL ) ; John Pier, professeur à l'Université de Tours (TH) ( CRAL ), Philippe Roussin, directeur de recherche au CNRS (TH) ( CRAL )Lutter contre la doctrine de la panfictionnalité (Ryan 1997) et œuvrer « pour une frontière » entre Fait et fiction (Lavocat 2016), c’est à la fois un défi philosophique, un enjeu sociologique et une urgence politique. Reste à s’accorder sur le tracé de cette frontière : périmètre de ce qu’on entend par « fiction » (quelles œuvres, quelles expériences ?) et critère de distinction avec la « non-fiction » (Renauld 2014). En partant de la théorie des cadres  de l’expérience  (Bateson  1977,  Goffman  1991), on  verra que le jugement de fictionnalité sur une œuvre ou un segment d’expérience peut être consensuel ou conflictuel, contractuel ou institutionnel, ascendant ou descendant. On soulignera également les liens entre jugements de fictionnalité et de documentarité en proposant une approche « nodale » de la connaissance (Caïra 2011). BATESON Gregory, 1977,  Vers une écologie de l’esprit T. 1  (Paris : Seuil) CAÏRA Olivier 2011,  Définir la fiction: du roman au jeu d’échecs  (Paris : Éditions de l’EHESS)  GOFFMAN Erving, 1991,  Les cadres de l’expérience  (Paris : Éditions de Minuit)   LAVOCAT Françoise, 2016,  Fait et fiction - Pour une Frontière  (Paris : Éditions du Seuil) RENAULD Marion, 2014,  Philosophie de la fiction  (Rennes : PUR) RYAN Marie-Laure, 1997, “Postmodernism and the Doctrine of Panfictionality.”  Narrative  5  (2): 165-87

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Les écritures des archives I : littérature, discipline littéraire et archives

Colloque - Vendredi 13 janvier 2017 - 09:00Le colloque international est organisé par Annick Louis (Reims/CRAL) et Clara Zgola (CRAL/Université de Varsovie), en partenariat avec le Centre de Civilisation Polonaise Paris-Sorbonne, l'Institut Polonais et l'Université de Varsovie.La réflexion sur le rôle et la nature des archives suscite actuellement l'intérêt des sciences humaines et sociales. A partir de perspectives variées, différentes disciplines se sont interrogées et s'interrogent sur l'histoire des archives, leurs usages, leur conservation. Nous proposons d'ouvrir la réflexion à la discipline littéraire, avec le double objectif d'étudier l'inscription des archives dans l'écriture littéraire contemporaine et dans l'écriture disciplinaire en sciences humaines et sociales. Nous partons de l'hypothèse que l'intérêt croissant des écrivains et des spécialistes en littérature pour celles-ci depuis la deuxième moitié du XXe siècle constitue un phénomène contemporain qui a permis de renouveler à la fois la tradition littéraire et les approches disciplinaires. À partir de ce postulat, nous nous intéresserons à la capacité des archives à favoriser des productions marquées par une écriture plurielle et interdisciplinaire, sous différentes formes, de la génération de l'objet à sa formalisation. 

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