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Conventions et projets

Nicéphore Niépce : archives, édition et recherche

Direction : Michel Frizot, en collaboration avec le Musée Niépce de Chalon-sur-Saône (2003-2009)

Participants : Michel Frizot, François Cheval (conservateur en chef des musées de Chalon-sur-Saône), Bertrand Lavédrine (directeur du CRCDG/CNRS), Sylvie Aubenas (BNF), Monique Sicard, Christophe Potocki, Mireille Cardot, Kim Timby (Musée Niépce, Chalon-sur-Saône), Ioana Vultur (post-doctorante).

Cette opération a fait l’objet d’une convention signée en automne 2003 entre le CNRS (représenté par le CRAL) et la Ville de Chalon-sur-Saône (représentée par le Musée Niépce). Pour les aspects relevant de l’analyse physico-chimique des plaques de Niépce, elle bénéficie de la collaboration du Centre de recherche sur la conservation des documents graphiques (CRCDG/CNRS), dirigé par Bertrand Lavédrine.

L’opération est née du constat qu’il n’existe à ce jour aucune étude scientifique ni aucun inventaire complet des archives laissées par Nicéphore Niépce à sa mort en 1833. Des événements récents, parmi lesquels la redécouverte en 2000 de cinq plaques héliographiques disparues depuis vingt-cinq ans à Chalon-sur-Saône, ou la vente d’une gravure héliographique et de soixante lettres de Nicéphore Niépce (collection Jammes) en mars 2002 (acquises par la Bibliothèque nationale de France), et enfin l’acquisition en juillet 2004 d’un nouveau lot de documents par la BNF, ont mis l’accent sur la difficulté à la fois de situer ces artefacts au sein des recherches de Niépce et de les évaluer par rapport aux diverses démarches connues sous l’intitulé « invention de la photographie ».

Tant l’exacerbation récente de toutes les questions qui touchent à l’histoire de la photographie, et particulièrement de son invention, trop longtemps négligée ou considérée comme mineure dans l’histoire des arts et des techniques, qu’une certaine confusion des concepts et des méthodes à mettre en œuvre, nécessitent aujourd’hui de faire le point sur la nature exacte des recherches menées par Nicéphore Niépce, et sur leur place dans l’élaboration des procédures « photographiques » qui sont apparues depuis les années 1820.

Les possibilités offertes depuis quelques années par la numérisation des documents et par le réseau internet permettent d’envisager une mise en ligne de la recherche, de ses résultats exhaustifs et de formules didactiques pour permettre à un large public de prendre connaissance des acquis avec un degré de lecture et de compréhension adapté.

Le programme comporte donc la conception et la mise en place d’un site internet consacré aux archives Nicéphore Niépce,à des présentations biographiques et scientifiques de ses travaux, à diverses études spécifiques engagées par l’équipe Niépce, etc. L’édition « papier » ne sera adoptée que pour quelques études très spécifiques pouvant intéresser d’autres secteurs de la recherche.

L’opération comporte quatre phases:

  • l’inventaire des documents d’archive et la constitution de fichiers et de bases de données (photographie et numérisation des documents) ;

  • la mise à disposition publique des données par voie numérique (l’intégralité des lettres de Niépce, ou afférentes à ses travaux, et les études analytiques et critiques de ces documents ;

  • l’étude scientifique des artefacts de Niépce, de ses procédures techniques et de leur contextualisation scientifique ; la constitution d’une généalogie épistémique des recherches de Niépce, élargie à l’ensemble des procès photosensibles, comprenant notamment la photogravure – procédure historiquement très importante, pour laquelle les travaux de Niépce jouent un rôle fondateur ;

  • la constitution d’une bibliographie consacrée aux travaux de Niépce, à son environnement industriel et scientifique, à sa réception, à son héritage scientifique.

À partir de là, des recherches plus spécialisées seront entreprises sur le contexte scientifique, les conceptions et les méthodes des années 1780-1840 dont Niépce a pu bénéficier, mais dont il a aussi été tributaire. Il s’agit d’asseoir une lecture non téléologique des recherches de Niépce et de ses contemporains (Daguerre et Talbot notamment) et plus généralement de caractériser l’imaginaire niépcéen.

D’ores et déjà,  sont engagées des études sur :

  • la question des brevets de 1791 à 1844 (c’est-à-dire de la création des brevets d’invention jusqu’à la nouvelle loi sur les brevets), autour du brevet du pyréolophore et des brevets pour des dispositifs de représentation ; le contexte industriel dans les lettres de Niépce ;

  • l’identification des gravures originales utilisées par Niépce pour ses travaux héliographiques ; les réalisations de l’atelier du graveur Lemaître, avec lequel Niépce était en relation étroite.

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