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Regards croisés sur la censure. Les modes de contrôle de la production culturelle sous différents régimes politiques.

Journée(s) d'étude - Mercredi 04 octobre 2017 - 10:00Le degré et les formes de l’interventionnisme étatique dans la production des biens culturels sont souvent mobilisés en tant qu’indicateurs pour distinguer souvent à travers des typologies les systèmes politiques dits « libéraux » des régimes « autoritaires » (Martin, 2009 ; Darnton, 2014). Dans les premiers, les mécanismes de contrôle public de production culturelle seraient résiduels et voués à la disparition ; dans les seconds, au contraire, le contrôle strict de l’expression publique serait constamment reproduit.Cette conception normative faisant de la censure un facteur essentiel de classification politique fait doublement obstacle à la compréhension du phénomène. D’un côté, elle se base sur une définition étroite, selon laquelle l’exercice de la censure se limiterait à l’intervention préalable d’une autorité non judiciaire, en l’absence de motifs explicites. Or de nombreux travaux ont mis en évidence les contraintes qui pèsent sur les producteurs des biens symboliques dans les sociétés libérales en les conceptualisant en termes de censure « structurale » (Bourdieu, 1982) ou « invisible » (Bourdieu, 1996 ; Champagne, Marchetti, 2002 ; Durand, 2006). Une telle ouverture sociologique réserve à la censure la place d’un élément (et d’un effet) de la structure des relations sociales dans laquelle sont inscrits les producteurs culturels et qui régit l’accès à l’expression, ses formes et contenus légitimes.D’un autre côté, les techniques ouvertement répressives, restrictives et formalisées de la censure ne constituent pas les seules modalités de contrôle de la production des biens culturels dans le répertoire des systèmes autoritaires. D’ailleurs, la censure au sens étroit y est souvent officiellement proscrite, et les modalités juridiques du contrôle sont en grande partie inspirées des normes des sociétés libérales. Qui plus est, les transformations technologiques facilitant la diffusion de la production culturelle (notamment la propagation des technologies numériques dont les réseaux sociaux) rendent la censure restrictive centralisée – surtout dans les limites du territoire national – moins efficace (Faris, Wang, Palfrey, 2008) et favorisent ses mutations (Deibert, Rohozinski, 2010 ; Oates, 2013).Cependant, les recherches sur la censure politique sous différents régimes politiques, ainsi que celles consacrées aux aires géographiques relativement éloignées, ne se rencontrent que très rarement. Le premier objectif de cette journée d’études qui se place dans une optique interdisciplinaire est de faire dialoguer les chercheurs qui étudient la censure sur des terrains politiques et géographiques variés, afin de poser la question des similitudes et des spécificités : est-ce que des systèmes de contrôle de production culturelle semblables sont mis en place sous des systèmes politiques et dans des régions différents ? Peut-on parler de l’euphémisation de la censure (Méon, 2005) et du recours accru à la censure économique et structurale dans les systèmes autoritaires ? Les mécanismes de censure d’habitude associés aux dictatures, peuvent-ils être introduits dans les régimes reconnus comme démocratiques ?Le deuxième objectif de cette manifestation est de croiser les regards sur les modalités de la censure appliquées aux différentes formes de production culturelle : quelle est l’homologie des logiques et des mécanismes de censure politique des arts (musique, cinéma, littérature, théâtre) et des médias ? Ce contrôle politique des formes de production culturelle, ne s’articule-t-il pas au sein d’un système diffus et structural de gestion de la dissidence intellectuelle où les mécanismes de cooptation et de promotion sélective (Daucé, 2013) complètent la dimension purement restrictive de la censure ?

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Savoirs du théâtre. Histoire d'un dispositif

Journée(s) d'étude - Vendredi 23 juin 2017 - 09:15"Savoirs du théâtre. Histoire d'un dispositif", journée d'étude organisée par Frédérique Aït-Touati (CRAL, EHESS/CNRS) et Alexeï Evstratov (Dahlem Humanities Center, Freie Universität Berlin).Le théâtre s’affirme depuis longtemps comme un lieu privilégié d’observation et d’étude de la vie : vie sociale avant tout, lorsqu’il s’agit des spectacles dramatiques et de la métaphore théâtrale qu’on a convoqués pour expliquer le monde social, mais aussi vie sensible. Nous aborderons les types de savoirs (sociaux, anatomiques, politiques) produits par le théâtre, afin de penser celui-ci comme laboratoire. Le but de cette journée d’études sera de nous interroger sur les capacités exploratoires et heuristiques du dispositif théâtral. Quel observatoire particulier la scène et la salle constituent-elles ? La journée accueillera des interventions dans toutes les disciplines qui étudient la production des savoirs dans et par le théâtre dans l’histoire, des performance studies à l’histoire de l’architecture, de l’histoire du théâtre à la philosophie. Il s’agira de faire apparaître les problématiques communes s’articulant autour et à partir de la notion d’expérience, de test, ou bien d’épreuve, proposée ici comme point de départ à la réflexion théorique et à la reconstitution historique.Le théâtre se présente comme un laboratoire où la séparation entre la nature et la société à la fois se cristallise et se gomme au sein de l’illusion soutenue par le dispositif artistique. L’histoire de ce dispositif, entendu dans le sens de Foucault, est en effet indissolublement liée à l’histoire de l’observation, scientifique et morale, du vivant, les théâtres anatomiques témoignant de cette fonction particulière, et première, du bâtiment théâtral. Le spectacle dramatique, dès ses premières théorisations chez Aristote, se structure autour de l’imitation du vivant dans sa version socialement située. Du côté de la salle, les spectacles offrent une possibilité d’observation d’une société ou d’autres groupes imaginés (dont le « peuple » ou la « nation »), exposées devant l’œil du monarque ou du public souverain.La journée d’étude a pour objectif d’explorer les aspects du théâtre qui ont été désignés dans la théorie et mobilisés dans les pratiques ordinaires et savantes pour la production de connaissance. Il s’agit de croiser deux programmes de recherche et deux grandes problématiques : d’une part, nous explorerons la portée cognitive du dispositif théâtral, y compris en dehors de la salle de spectacle, d’autre part, nous proposons d’envisager les effets de l’expérience théâtrale historiquement et socialement située sur la fabrication du savoir, notamment du savoir social, mais aussi technique et scientifique.PROGRAMME9h15 - Accueil  9h30 - Introduction de la matinéeThéâtre et laboratoire : remarques sur quelques dispositifs heuristiques(Frédérique Aït-Touati)9h45-11h00 - Session 1 : le théâtre comme dispositif des subjectivités - Répondant : Rafael MandressiLa scène classique comme dispositif heuristique d'une subjectivité politique(Marius Muller)Des effets du dispositif bifrontal et de ses spectateurs sur la représentation(Emmanuel Cohen)11h15-12h30 - Session 2 : la pensée du théâtre - Répondante : Aline WiameIdéologie, symptôme, théâtre(Diane Scott)La « pensée-théâtre » comme lieu de production d’une pensée propre au théâtre. La dramaturgie de l’épreuve(Flore Garcin-Marrou)14h00 - Introduction de l’après-midi Spectateur en état de paralysie : une théorie de l’inaction(Alexeï Evstratov)14h15-16h00 - Session 3 : publics et politiques - Répondant : Logan Connors Les publics de théâtre à Paris au XVIIIe siècle : des amateurs aux voleurs de spectacles(Léa Renucci)Surveiller et interpréter le théâtre en l’an II de la République(Guillaume Cot)16h15-17h30 - Session 4 : le théâtre en prison - Répondante : Chloé BrandersQuels publics pour les théâtres du Goulag ? Comment vivaient-ils les spectacles ?(Judith Depaule)« Le théâtre carcéral » : le dispositif théâtral comme instrument heuristique dans l’analyse de l’expérience interactionnelle en prison(Alexia Stathopoulos)17h30-18h - Table rondeavec Chloé Branders, Logan Connors, Rafael Madressi, Aline Wiame et Aurélie Mouton Rezzouk

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Le Prix Pétrarque décerné à Nathalie Heinich

Prix et distinctions - Le Prix Pétrarque a été décerné à Nathalie Heinich, sociologue, Directrice de recherches au CNRS pour son livre « Des valeurs. Une approche sociologique » (Gallimard). Le prix lui sera remis le 10 juillet à l'occasion des Rencontres de Pétrarque à Montpellier.Créé en 2012, le Prix Pétrarque de l'essai est décerné par France Culture et Le Monde. Il récompense chaque année un essai paru entre septembre et mai de l'année écoulée.Sur l’ouvrage« Valeurs » : jamais ce terme n’a été aussi fréquemment invoqué, alors même qu’il est peu ou mal défini. Plutôt que de contourner ou de disqualifier la question, Nathalie Heinich l’aborde avec sérieux, au moyen des outils des sciences sociales, en adoptant une approche descriptive, compréhensive et résolument neutre. Elle montre ainsi que les valeurs ne sont ni des réalités ni des illusions, mais des représentations collectives cohérentes et agissantes. Contrairement à la philosophie morale, qui prétend dire ce que seraient de « vraies » valeurs, la « sociologie axiologique » s’attache à ce que sont les valeurs pour les acteurs : comment ils évaluent, opinent, pétitionnent, expertisent ; comment ils attribuent de « la » valeur, en un premier sens, par le prix, le jugement ou l’attachement ; comment les différents objets valorisés (choses, personnes, actions, états du monde) deviennent des « valeurs » en un deuxième sens (la paix, le travail, la famille) ; et comment ces processus d’attribution de valeur reposent sur des « valeurs » en un troisième sens, c’est-à-dire des principes largement partagés (la vérité, la bonté, la beauté), mais diversement mis en œuvre en fonction des sujets qui évaluent, des objets évalués et des contextes de l’évaluation. L’analyse pragmatique des jugements produits en situation réelle de controverse, de différend impossible à clore, tels les débats sur la corrida, permet à l’auteur de mettre en évidence la culture des valeurs que partagent les membres d’une même société. On découvre ainsi que, contrairement à quelques idées reçues, l’opinion n’est pas réductible à l’opinion publique, pas plus que la valeur ne l’est au prix, ni les valeurs à la morale ; que les valeurs ne sont ni de droite ni de gauche ; et qu’elles ne sont ni des entités métaphysiques existant « en soi », ni des constructions arbitraires ou des dissimulations d’intérêts cachés.

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Autour de Kein Licht à l'Opéra Comique

Rencontre - Vendredi 13 octobre 2017 - 17:00Kein Licht fait dialoguer à partir d'un texte d'Elfriede Jelinek des personnages perdus dans l’espace et le temps, suite à la catastrophe de Fukushima. Essayant de se reconstituer, ces personnages échangent et parlent de douleur, perte et de tragédie, (...)(...)

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Connaissance externalisée et épistémologie digitale

Colloque - Lundi 16 octobre 2017 - 10:30L'information, pour une part de plus en plus croissante, est distribuée. Mais est-ce de la connaissance? Si toute la masse des informations qui nous bombardent quotidiennement via internet et les réseaux sociaux (entre autres) était de la connaissance, au (...)(...)

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Ce que le concept fait à l'œuvre

Journée(s) d'étude - Samedi 07 octobre 2017 - 09:00Les termes « concept » et « conceptuel » ont pu être utilisés pour désigner diverses pratiques relatives au groupe restreint d’artistes évoluant à New York à la fin des années 1960. Mais la dimension conceptuelle de l’oeuvre est désormais à cons (...)(...)

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