Type d'appel et date limiteAppel à communication
Date limite :

Littérature et relations : de l’appropriation aux nouveaux partages

Chercheur(s) associé(s) Tiphaine Samoyault
Thématique(s)Littérature
Crédit images : Clara Moreira

Le colloque international Littérature et relations : de l’appropriation aux nouveaux partages se déroulera en deux temps : les 14 et 15 septembre 2023 à Rio de Janeiro et les 11 et 12 janvier 2024 à Paris. Les propositions sont à faire parvenir à l’adresse  trsra@snohyn.betgro.alubaf@nefeg qui centralisera, avant le 30 juin 2023. Les réponses seront données le 15 juillet 2023.

 Colloque organisé par :

  • Alexandre Gefen (CNRS – Université de la Sorbonne Nouvelle)
  • Ana Kiffer (P.U.C. Rio de Janeiro)
  • Tiphaine Samoyault (CRAL/EHESS)
  • Dominique Viart (IUF – Université Paris Nanterre)

Peut-on parler d’une dimension relationnelle de la littérature contemporaine ? Tout semble nous y inviter : l’autonomie de la littérature ne se pose plus dans les mêmes termes dans les différentes régions du monde et la littérature est plus souvent pensée comme une forme de relation, par la critique, les institutions, les écrivains. L’étude des émotions, de l’empathie, du care met l’accent sur cette capacité à penser le lien commun. C’est une façon aussi de déplacer la centralité de la culture occidentale, de combler la distance que l’humain a creusé avec l’environnement et les autres vivants ou même mettre en question l’opposition entre la nature et la culture, en prenant en compte d’autres cosmologies. En appelant à une réécriture relationnelle des vivants, la littérature semble mettre en place une politique de la relation, comme l’envisageait Edouard Glissant. Mais celui-ci rappelait en même temps que toute relation contient sa part de violence : le choc de la rencontre, qui conduit à la domination.

Sur le plan social, la littérature promeut aussi de nouvelles relations autour d’elles, sur les réseaux, par de nouveaux modes d’écritures collectives et d’interactions, dans des festivals, des ateliers d’écriture, des groupes de lecture. Elle dialogue de plus en plus avec les sciences sociales, qui lui empruntent des modèles et auxquelles elle emprunte à son tour des concepts et des pratiques. C’est là une autre relation qui se met à l’œuvre : dans le lien qui s’établit désormais entre la littérature et les autres formes de connaissance ; loin de devoir porter une parole différentielle, l’écrivain.e co-constuit ou complète les savoirs du journaliste, du scientifique, de l’écologue, du sociologue, avec lequel il ou elle collabore.

La proposition que notre colloque voudrait mettre à l’épreuve est celle-ci : ces diverses dimensions relationnelles actualisées par la production littéraire permettraient–elle de nommer une période littéraire « contemporaine » ? Peut-on leur donner une dimension suffisamment réflexive et politique pour mettre en cause des partages et des appropriations antérieures, pour mettre en œuvre une vraie politique de la relation et de repartage des voix ? A cette fin il nous faut tester la pertinence d’une telle désignation, analyser cette transformation historique, en étudier les œuvres littéraires emblématiques et les pratiques, mais aussi identifier les obstacles et les réserves qu’une telle proposition peut rencontrer.

Axes pour les propositions

  • Littérature en dialogue avec les sciences humaines et savoirs situés
  • Relations irréparables et liens brisés entre communautés
  • Relations en acte (réseaux, socialité de la littérature, effectivité des actions concrètes avec et par la littérature)
  • Le partage des voix

Crédit images : Clara Moreira