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Les migrations des plantes : modalités, ambivalences, enjeux

Crédit photographique : © David Grange

Organisées par Bronwyn Louw et Marion Grange, doctorantes au Centre de recherches sur les arts et le langage (CRAL), avec les participations d’Emanuele Coccia, de Jacques Tassin et de Thierry Thévenin , les journées “Les migrations des plantes : modalités, ambivalences, enjeux” auront lieu les 24 et 25 juin 2022 au Théâtre du Parc, situé au coeur du parc floral de Vincennes, et parrainé par le philosophe-jardinier Gilles Clément. Les propositions de communication sont à envoyer d’ici le 12 avril.

Projet scientifique

Arrimé au sol par ses racines, le monde végétal semble bien à première vue constituer par excellence, au sein du vivant, celui de l’immobilité. Contrairement à l’animal hétérotrophe, les plantes – autotrophes – n’ont pas à se déplacer pour se nourrir, ce que traduit leur régime de déploiement dans l’espace : à la compacité des bêtes, facilitant le mouvement, elles opposent des formes ramifiantes, comme si elles compensaient cette fixité par une effusion de ramures et d’arborescences : ainsi, « à partir du sol et lancée dans l’air la plante palpe le monde » (Bailly, 2017). Pourtant, de la plus humble fleur à l’arbre et jusqu’aux forêts, les plantes aussi se déplacent. Elles le font simplement différemment : suivant d’autres temporalités et d’autres modalités. Dans le sillage des travaux de Marielle Macé, c’est ainsi une approche modale du mouvement végétal que nous souhaitons encourager lors de ce colloque, s’appuyant sur « la certitude que l’être est manières d’être, que la vie est formes de vie, c’est-à-dire institution de singuliers collectifs », et « engage quelque chose comme un souci modal du monde » (Styles. Critique de nos formes de vie, p.109). En faisant appel en particulier aux champs de l’écopoétique, des études postcoloniales et de la philosophie et pratique du paysage (mais aussi plus généralement aux humanités environnementales, à l’ensemble des sciences humaines et sociales, et aux sciences de la vie et de la terre), l’ambition est de dégager quelques-unes des manières, multiples, qu’ont les plantes de se déplacer, quelques-unes aussi des manières que nous avons de percevoir ces déplacements et d’en rendre compte, notamment dans l’optique d’une nouvelle alliance entre les arts et l’écologie. Dans cette démarche, le colloque voudrait en particulier mettre en avant deux lignes fortes de questionnement. Tout d’abord – et sans pour autant fermer la porte à d’autres approches –, il souhaite encourager une saisie du mouvement végétal sous l’angle plus spécifique de la migration. De fait, s’il n’est pas nouveau de parler de voyage des plantes, la spécificité d’un nombre grandissant de travaux contemporains est d’inscrire ces mouvements végétaux dans une réflexion plus vaste sur les migrations du vivant, une manière de penser ensemble et les unes par les autres les mobilités humaines, animales et végétales. Quelles sont alors les implications politiques, anthropologiques, philosophiques et poétiques de ce geste – geste à la fois de précision de la réflexion, et d’élargissement de l’échelle considérée ? Et quelle est la valeur heuristique d’une saisie des mouvements végétaux en termes de migration, au sens proprement biologique mais encore, comme métaphore ?  Deuxièmement, le colloque entend saisir à bras le corps la complexité et l’inévitable ambivalence des migrations végétales : ni purement à célébrer ou rejeter, elles agrippent des enjeux multiples, souvent entremêlés : enjeux de domination, d’appropriation, saccages, mais aussi expressions de relations, de liberté, de résistances...

Sans prétendre fermer la palette des pistes d’exploration, nous détaillons ici quelques modalités possibles à interroger.

D’abord et fondamentalement, nous pouvons penser la mobilité des plantes comme instance de sympoïèse (Dempster, 2000, Haraway, 2016), c’est-à-dire comme relation interspécifique où il est question de créer, composer, faire ou inventer quelque chose ensemble. La relation sympoïétique est de fait rendue nécessaire par la « dépendance radicale » (Osborne, 2019) des plantes pour se déplacer. « Les plantes ne courent pas, ne peuvent pas voler : elles ne sont pas capables de privilégier un endroit spécifique par rapport au reste de l’espace, elles doivent rester là où elles sont », écrit Emanuele Coccia dans La Vie des plantes. Métaphysique du mélange. L’immobilité des plantes les rend ainsi radicalement dépendantes d’autres vecteurs de mobilité, leur mouvement étant alors nécessairement le résultat d’une relation. Que leur véhicule soit élémental ou animal – oiseaux migrateurs, navires commerciaux ou courants marins – les plantes ne peuvent se répandre sans s’associer à une autre forme de vie. Qualifier les mouvements végétaux de sympoïétiques est donc une invitation à aborder la mobilité des plantes comme l’expression d’une alliance fructueuse entre espèces. Cette approche pose des questions d’ordre esthétique, épistémologique et éthique sur le « comment » de ces migrations végétales, d’où l’importance de s’en saisir de manières multiples : par la poésie ou d’autres formes d’art, par des projets agricoles et paysagers, par une pratique interspécifique et modale des sciences sociales. Il s’agit alors de mettre en évidence des relations réciproques (toutefois non dénuées de violences parfois :  migrer peut vouloir dire se faire manger et recracher), dans une perspective où plantes, animaux et éléments sont considérés comme acteurs jouissant d’agentivité, où les plantes, frappées d’immobilité, ne sont pas pour autant passives. Bruno Latour se demande ainsi si celui ou celle qui s’implique dans la vie des arbres n’est pas toujours fatalement la victime de leurs « plans machiavéliques » (« dark designs », Latour, 1993).

Les migrations des plantes peuvent également être perçues comme manifestations de violence, plus précisément sur les modes de l’invasion ou du remplacement. De fait, on ne saurait d’abord les penser sans aborder l’histoire coloniale et ces migrations végétales qui accompagnèrent les mouvements de conquête, d’appropriation et d’exploitation des territoires. Le terme même de Plantationocène, issu d’une collaboration entre Donna Haraway et Anna Tsing, et qui réinscrit la problématique environnementale dans une perspective décoloniale et intersectionnelle – attentive à la manière dont les violences écologiques croisent des violences sociales et raciales – place au cœur de sa réflexion la question végétale (les manières de faire avec les plantes), comme révélatrice de l’intrication de ces violences. La Plantation se définit de fait dans cette violence inaugurale qui consiste à transplanter sur un territoire étranger des hommes, des femmes, des animaux et des plantes exogènes. Il peut alors être fécond d’interroger ces termes – transplantation, déracinement – qui, avec un sème végétal, mais déplacés hors du monde des plantes, viennent dire toutes sortes de mobilités forcées. Pourtant, et hors de la question coloniale cette fois, ce prisme de l’invasion ou du remplacement pour penser les mouvements des plantes demande aussi à être interrogé avec prudence. Ainsi, Jacques Tassin nous invite à questionner ces métaphores qui ne cessent d’entourer, dans les médias, l’opinion commune, et jusque dans les sciences, les discours sur les plantes dites « invasives » : métaphores guerrières le plus souvent, ou encore, images de viralité, qui n’ont aucun fondement scientifique, mais projettent sur le monde végétal certains sentiments collectifs, tel que, autour de la question migratoire, la « peur de l’invasion ». Nos manières de percevoir et nommer les mobilités végétales, de les blâmer, de vouloir parfois à toute force les contrôler ou les endiguer, sont alors éminemment politiques, et disent quelque chose de notre rapport à l’Autre et au territoire.

Expression de violences coloniales, de dominations, de rejet de la diversité, les mouvements végétaux peuvent pourtant encore être travaillés par des enjeux de liberté ou de résistance, saisis pourrait-t-on dire alors, sous la modalité du marronnage. Avant de désigner les esclaves en fuite, le marronnage désigne en effet le retour à l’état « sauvage » d’animaux ou de plantes domestiques : il est une échappée hors d’un espace de contrôle, voire d’exploitation. Ainsi, en Martinique, explique l’ethno-pharmacologue Emmanuel Nossin, sont appelées marronnes certaines plantes qui, « réfugiées » hors des monocultures de canne à sucre, participent, dans les forêts et les mornes, à préserver des espaces de résistance par la diversité végétale. Cette modalité marronne du mouvement végétal peut encore prendre la forme d’une alliance de l’humain et des plantes, expression alors de soulèvements interspécifiques (Balaud et Chopot, 2021) ou de ce que Natacha Myers nomme joyeusement le Planthropocène : ainsi de ces femmes esclaves africaines qui emportaient clandestinement à bord des bateaux négriers graines et plantes de leur pays, les dissimulant dans leurs cheveux, pour reconstruire leurs écologies en Amérique, ou, plus près de nous, de ces « bombes à graines » d’amarante larguées par des activistes Argentins dans les monocultures de soja transgénique, cette « mauvaise herbe » ayant développé la capacité de résister au Roundup de Monsanto.

Une autre piste encore serait d’ouvrir la réflexion à l’échelle de la Terre, à l’instar de Gilles Clément, autour du brassage, une modalité de mouvement végétal qui nourrirait le « jardin planétaire ». Si le mot de brassage a surtout des connotations négatives en pleine pandémie, son univers de référence est en fait ambivalent, comme l’exprime cette mise en récit d’une visite guidée fictive proposée par Gilles Clément à l’occasion de l’exposition Le Jardin planétaire (1999) : « Le vent, les courants, les animaux activent la rencontre d’êtres éloignés les uns des autres [...] Le brassage menace la diversité en même temps qu’il provoque des situations nouvelles et des êtres nouveaux. » Le terme de brassage décrit ainsi un état historique des jardins du monde et du monde comme jardin, et permet de penser cette historicité dans la complexité et la singularité des lieux où elle se produit. De quels mouvements planétaires les jardins, friches et forêts sont-ils les héritiers ? Le défi n’est plus uniquement de penser l’impact de l’arrivée de plantes venues de loin dans un ici donné, mais encore et davantage, de qualifier la part d’ailleurs présente dans un jardin familier, devenu par ce brassage une miniature du monde. Il s’agirait, pour lire le paysage de la « nature contemporaine » (Coccia, 2020) de percevoir les comportements migratoires comme l’origine même des assemblages, plutôt que de les considérer comme des perturbations survenant aux marges d’un biome originel à préserver.  Quelles méthodes esquisser alors, quelles alliances nouer, et quelles écritures proposer, pour décrire et décrypter le brassage des plantes comme force cosmogonique à même de fabriquer des mondes (Coccia, 2016 ; Meyers, 2021) ?

Axes de recherche possibles (non exhaustif)


  • Migrations végétales en contexte colonial 

  • Migrations végétales et métaphores (métaphores qui décrivent les mobilités végétales / la migration végétale comme métaphore)

  • Les plantes dites « invasives »

  • Migrations des plantes : enjeux paysagers et agricoles

  • Migrations des plantes : enjeux écosystémiques

  • Mobilités végétales et résistances / marronnage  

  • Migrations végétales et relations sympoïétiques 

  • Migrations végétales : récits, poèmes, images 

  • Jardin / brassage planétaire ; migration des plantes et créolité

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 Dates et lieu

Les journées se dérouleront les 24 et 25 juin 2022 au Théâtre du Parc, situé au cœur du Parc Floral du Vincennes et parrainé par le jardinier-philosophe Gilles Clément.

Modalités de candidature

Nous encourageons les approches transdisciplinaires ainsi que les projets de recherche-action ou recherche-création, et des formats d’intervention variés (communication, intervention à plusieurs, atelier, etc.), y compris des propositions artistiques (film, photographie, performance, etc.)

Les propositions de communication (titre provisoire et résumé de 500-600 mots précisant le contenu et la forme), accompagnées d’une notice biographique et d’une bibliographie indicative, sont à envoyer d’ici le 12 avril à Bronwyn Louw (bronwyn.louw@ehess.fr) et Marion Grange (marion.grange@ehess.fr).

Comité scientifique


  • Marielle Macé, directrice d’études à l’EHESS (CRAL), directrice de recherche au CNRS.

  • Jean-Marc Besse, directeur d’études à l’EHESS (Géographie-Cités), directeur de recherche au CNRS.

  • Bronwyn Louw, doctorante à l’EHESS (CRAL).

  • Marion Grange, doctorante à l’EHESS (CRAL)

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Bibliographie indicative

BAILLY, J.-C., Le Versant animal, Paris, Bayard, 2007.

BALAUD, L. et CHOPOT, A., Nous ne sommes pas seuls. Politique des soulèvements terrestres, Paris, Seuil, coll. Anthropocène, 2021. 

BESSE, J.-M., Le goût du monde, Exercices de paysage, Arles, Actes Sud, 2009.

– La Nécessité du paysage, Marseille, Parenthèses, 2018.

BOUMEDIENE, S., La colonisation du savoir. Une histoire des plantes médicinales du "Nouveau Monde" (1492-1750), Vaulx-en-Velin, Les éditions des mondes à faire, 2019.

CAEYMAEX, F., PIERON, J., DESPRET, V., Habiter le trouble avec Donna Haraway, Paris, éditions Dehors, 2019.

CLÉMENT, G., Le Jardin en mouvement, Paris, Pandora, 1991.

– Le Jardin planétaire, L'Aube/Château-Vallon, 1997.

– Éloge des vagabondes. Herbes, arbres et fleurs à la conquête du monde, Nil Édition, 2002.

COCCIA, E., La Vie des plantes. Une métaphysique du mélange, Paris, Éd. Payot & Rivages, 2016.

– Métamorphoses, Ed. Payot et Rivages, Paris, 2020.

COL, « Inventer les plantes », Les Carnets du Paysage, n°26, Arles, Actes Sud, mai 2014.

COL., Manifeste du Muséum. Migrations, Paris, éd. Reliefs et éd. Du Muséum National d’histoire naturelle, 2018.

COL, « Paysages en migrations », Les Carnets du Paysage, n°23, Arles, Actes Sud, oct. 2012.

DEL CURTO, M., Humanité végétale, Arles, Actes Sud, 2019.
Les Graines du monde, Arles, Actes Sud, 2019.

DELOUGHREY, E., HANDLEY, G. B., Postcolonial Ecologies: Literatures of the Environment. Oxford, Oxford University Press, 2011.

DEMPSTER, B., « Sympoietic and autopoietic systems: A new distinction for self-organizing systems», in Proceedings of the World Congress of the Systems Sciences and ISSS 2000. 
FERDINAND, M., Une Écologie décoloniale. Penser l’écologie depuis le monde caribéen, Paris, Seuil, coll. Anthropocène, 2019.

GLEASON, H.A., « The Individualistic Concept of Plant Association », in Bulletin of the Torrey Botanical Club, Vol. 53, No. 1 (Jan., 1926), p. 7-26.

GLISSANT, E., Poétique de la Relation, Paris, Gallimard, 1990.

– Introduction à une poétique du divers, Paris, Gallimard, 1996.

– Traité du Tout-Monde (Poétique IV), Paris, Gallimard, 1997.

HACHE, E., « Your Garden is a Battleground », in Geste (Automne 2009), p.66-72.

HARAWAY, D., How Like a Leaf: A Conversation with Donna J. Haraway, Thyrza Nichols Goodeve, New York, Routledge, 1999.

– The Haraway Reader, New York, Routledge, 2004.

– When species meet, Minneapolis, University of Minnesota Press, 2008.

– Manifeste des espèces compagnes (2007), Paris, Flammarion, 2019.

– Vivre avec le trouble, Vaulx-en-Velin, Les Éditions du monde à faire, 2020.

KAZIC, D., Quand les plantes n’en font qu’à leur tête, Paris, La Découverte, col. Les Empêcheurs de penser en rond, 2022.

KINCAID, J., My Garden (Book): New York, NY: Farrar, Straus, Giroux, 1999.

– Among Flowers. A Walk in the Himalaya Washington D.C., National Geographic, 2011.

LATOUR, B., Face à Gaïa. Huit Conférences sur le nouveau régime climatique, Paris, La Découverte, 2015.

– Où atterrir ? Comment s’orienter en politique, Paris, La Découverte, 2017.

LECOQ, H., Traité de plantes fourragères, Paris, Librairie agricole de la maison rustique, 1862.

MACÉ, M., Façons de lire, manières d’être, Gallimard, Paris, 2011.

– Styles. Critique de nos formes de vie, Gallimard, Paris, 2016.

– Nos Cabanes, Lagrasse, Verdier, 2019.

– « Being Green » in Critiques, Ed. de Minuit, Paris, Mars, 2020.

MENDES FERRAO, J.E., Le Voyage des plantes et les grandes découvertes, Ed. Chadeigne, 2020.

MORIZOT, B., Manières d’être vivant, Arles, Actes Sud, 2020.

MOQUAY,  P., et MURE, V. (dir.), Brassages planétaires. Jardiner le monde avec Gilles Clément, Colloque de Cerisy, Hermann, 2020.

MYERS, N., « Photosynthesis », in Theorizing the ContemporaryFieldsights, 21 Janvier 2016

– Avec Hustak, C., « Involutionary momentum: Affective Ecologies and the Sciences  of  Plant/Insect Encounters », in Differences : A journal of Feminist Cultural Studies, 23 (3), 2012, p.74-117.

– « How to grow liveable worlds : Ten (not-so-easy) steps for life in the Planthroposcene » in ABC Religion and Ethics, Jan., 2021.

OSBORNE, G., Plants, Poetics and Beyond : Lichen Writing, EntropyMag, 2019.

RUAS, M.-P. (2016), « Introduction à l'ouvrage », In  Ruas M.-P. (dir.), Mane P., Bouby L., Pradat B., Durand A., Puig C., Terral J.-F. et Boissinot P. (éds), Des fruits d'ici et d'ailleurs. Regards sur l'histoire de quelques fruits consommés en Europe, Paris, collection Histoire des Savoirs, Éditions Omniscience, p.11-38.

SCHIEBINGER, L., et SWAN, C. (Eds.). Colonial Botany : Science, Commerce, and Politics in the Early Modern World, Philadelphia, PA, University of Pennsylvania Press, 2007.

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TASSIN, J., La Grande invasion. Qui a peur des espèces invasives, Paris, Odile Jacob, 2014.

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Crédit photographique : © David Grange

 

 

 

 

 

 

 

 

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