Doctorants

Julia Maillard

Doctorant
Institution(s) de rattachement : EHESS
Centre(s) de rattachement : CEHTA
Direction(s) / Division(s) : Division aires culturelles
Laboratoire(s) de rattachement : CRAL

 

Après un cursus universitaire effectué à Paris 1 Panthéon-Sorbonne, je suis actuellement doctorante sous la direction de Monsieur Giovanni Careri. A ce titre, j'envisage de poursuivre les recherches entamées lors de mon Master 2 réalisé sous la direction de Monsieur Philippe Morel et intitulé « Travestissement de la figure du prince en France et en Italie au XVIe siècle. L’invention d’une figure mythique du pouvoir ». Cette étude visait à établir une typologie de procédés de déguisement et à mettre en lumière leur(s) utilisation(s) au service de l'image du prince au XVIe siècle en France et en Italie ; elle m'a amenée à vouloir questionner la notion de déguisement sous un jour nouveau.


Sujet de thèse et directeur de thèse : 

« Art(s) du déguisement, entre identité et altérité. (Re)invention d’une pratique du double et de la ressemblance au service du pouvoir dans l’Europe pré-classique (1500-1650) », sous le direction de Monsieur Giovanni Careri.


La volonté de poursuivre l'exploration des pratiques de déguisement à la Renaissance découle du constat de l'existence d'un non-dit et d'un vide terminologique au XVIe siècle : celui du déguisement (au sens actuel, fortement connoté). Les déguisements portés lors des festivités de cour ne sont jamais désignés par le terme "déguisement" et sont inclus dans la catégorie des "habitz", entendu comme vêtement induisant un habitus, ce qui pose la question de comment était ressenti cet usage ; l'emploi du participe passé "desguisé" apparait uniquement lors de l'usurpation d'une identité sociale, à travers le vêtement. Cette absence même du mot dans le vocabulaire du XVIe siècle et son utilisation abusive par les chercheurs qui se sont intéressés aux fêtes de cour et pratiques carnavalesques constituent le point de départ de ma thèse. Celle-ci se donne pour objectif de démontrer que la manière dont les hommes du XVIe siècle concevaient le "déguisement" diffère profondément de la nôtre, mais également que c'est au cours du XVIe siècle en lien avec la reconfiguration de la conception et de l'image de la personne du roi que s'est mise en place - on pourrait dire que s'est (re)inventée - une pratique du déguisement. 

Comme le costume (dont l'étude est l'objet depuis quelques années d'un renouveau revivifiant), le déguisement, en tant qu'il était inclus à l'époque parmi les vêtements, constitue un "fait social total" et anthropologique. En tant que tel, pour pleinement arriver à cerner sa nature et ses enjeux, j'aborderai divers aspects propres au XVIe siècle et qui me paraissent essentiels pour comprendre cette pratique. Seront convoqués les déguisements performés lors des fêtes de cour dont les célèbres dessins par Primatice et les portraits "déguisés" offrent le versant "archivé", dans les images ; mais également l'étude d'un déguisement littéraire (dans les textes encomiastiques et livrets des entrées ou encore les poèmes ayant pour sujet le roi), et de sa présence en littérature à travers la prosopopée omniprésente dans les oeuvres interrogeant le sens et les limites des mots, des identités (religieuse et humaine voire "nationale") et du monde que sont celles de Rabelais et du Tasse. Dans tous ces exemples, le déguisement se révèle lié à la survivance de comportements, sociaux (esthétisation de la gestualité, nouvelle considération du corps et de son potentiel signifiant, découverte anatomique), populaires et chrétiennes (Carnaval, mascarades, etc.) autant que "antiques" (relevant d'un fonds commun de pratiques anthropologiques et du Pathosformel figuratif, voire performatif) ainsi que le lieu de figurabilité de crises et de critiques concernant la notion de personne (persona). Dans le jeu des images et des corps, images archivées ou performées, de leur interaction, de leur dé-guisement réciproque, du mouvement perpétuel et continu de la ressemblance et de l'inversion entre haut et bas, entre corps des images et images du corps, se cristallise la (re)définition du déguisement. Ainsi, loin de moi l'idée de nier une existence antérieure du déguisement : c'est justement de la confrontation avec des pratiques immémoriales ou populaires et de l'assemblage de multiples résurgences, revivifiées par des enjeux et des évolutions théoriques contemporains (sur l'image, la mimésis, la personne royale, l'Histoire, etc.) que réside la voie d'une meilleure compréhension d'une pratique trop souvent réduite à un jeu ou à une signification symbolique, ou considérée comme propre à l'esthétique du "Baroque", et par laquelle les souverains français ont tenté de se "distinguer" du peuple grâce à une (re)présentation fantasmée de leur personne, aboutissant à (re)inventer le déguisement. 

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