Rencontres scientifiques

Journée Pôle Proust : "Attaquer la langue : la linguistique à l’épreuve de Proust"

organisé par Anne Simon
Pôle Proust, CRAL, EHESS-CNRS
Salle Lombard (96 Bd Raspail, 75006 Paris)
 

10h30-13h, 8 janvier 2015

 

Marisa Verna (Université catholique de Milan), « Idéologie linguistique et “question juive” dans la Recherche »

Erika Fülöp (Fondation Alexander von Humboldt), « Écrire l’imparfait, parfaire l’écriture : Proust compositeur »

Marion Carel (EHESS), «  L’argumentation intérieure »
 

Argumentaire
 

Marisa Verna,« Idéologie linguistique et “question juive” dans la Recherche » :

Notre étude vise à identifier l’importance de la donnée linguistique et stylistique dans le traitement du thème de l’antisémistisme dans l’œuvre de Proust. Si la langue française est pour Proust – et elle l’est – une gloire nationale, elle l’est uniquement dans la mesure où elle réussit à se faire "étrangère", chaque fois qu’un artiste de génie y met la main et décide de la "travailler". Qui défend la valeur de la langue nationale ? Ceux qui l’attaquent, ceux qui la travaillent de l’intérieur, ceux qui, in fine, en permettent l’évolution et le changement, en respectant non tant un cadre de règles, mais l’art de créer de nouvelles règles. En quelle mesure le style est-il le moteur d’une idée de langue et de Nation ? Nous allons étudier, pour répondre à cette question, les registres des personnages que Proust met en scène dans la Recherche, pour tenter de répondre à cette question.
 

Erika Fülöp (Fondation Alexander von Humboldt), « Écrire l’imparfait, parfaire l’écriture : Proust compositeur » :

L’imparfait, traditionnellement interprété comme l’expression d’un passé imprécis et comme le temps de l’habitude, de la répétition, ou, depuis Genette, de leur apparaître, est le temps verbal sans doute le plus fortement associé à la Recherche. Dans son essai sur le style de Flaubert, Proust souligne l’importance du « passé indéfini » flaubertien, en consacrant une grande partie de ses analyses à cette forme et en attribuant à son usage un rôle majeur dans le renouveau que l'écriture de Flaubert a apporté à « notre vision des choses ». Il est clair donc qu’il s’agit pour Proust de bien davantage que d’une simple fonction linguistique qui permet d'exprimer un certain type d'événements ou d'expériences. Cette communication propose de revisiter le rôle - ou plutôt, les rôles - que l’imparfait peut jouer dans le style de Proust et la manière dont il devient en même temps constitutif d’une vision non seulement du monde, mais aussi - ou surtout ? - de la littérature et de l’écriture.

Marion Carel, « L’argumentation intérieure » :

"En somme, elle ne pouvait tout de même pas l’empêcher d’aller à Pierrefonds s’il en avait envie ! Or, justement, il sentait qu’il en avait envie, et que s’il n’avait pas connu Odette, certainement il y serait allé."Pourquoi Swann, dans le passage dont sont extraites ces trois phrases, argumente-t-il ? Car il ne s’adresse à personne et pourtant son discours est construit et serré ; il se parle, s’interroge, mais son discours ne peut pas être classé parmi les monologues délibératifs. Il argumente, en quelque sorte, en vain : il débat, il raisonne, sans finalement rien établir ni rien décider. Nous appuyant sur des recherches en cours menées avec Dario Compagno, Adrien Frenay et Francesca Mambelli, nous défendrons l’hypothèse que l’argumentation de Swann est racontante. Comme si elles recevaient des nouveaux noms, les promenades mondaines d’Odette se transforment, au fil de l’argumentation intérieure, de fautes de goût en preuves d’amour. Reconfigurés par l’argumentation, les faits, passés, futurs, ou simplement possibles, prennent un sens nouveau au moment où est tenue l’argumentation intérieure, de sorte que cette dernière constitue finalement un récit au présent. Elle nous rend visible la position présente de Swann locuteur, l’état de ses relations aux autres personnages et les circonstances de sa situation au moment où il les renomme.

Voir aussi, Pôle Proust : http://cral.ehess.fr/index.php?1715


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: simon.a(at)orange.fr

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