Présentation

Projet 2014-2018

Le projet de l’UMR 8566 présenté pour le quinquennal 2014-2018 s’inscrit dans la continuité de son histoire et dans le prolongement des travaux développés pendant le contrat quadriennal qui s’achève, tout en prenant acte de la nouvelle situation institutionnelle et technologique advenue dans son environnement immédiat (EHESS, CNRS et Pres Hesam).

Comme il a été rappelé plus longuement dans la première partie de ce rapport, le Centre de Recherches sur les Arts et le Langage a été depuis sa fondation en 1983 le lieu privilégié d’une réflexion interdisciplinaire sur les arts, la littérature et les pratiques culturelles ; au-delà du paradigme structuraliste qui avait caractérisé sa première époque, cette réflexion a su fédérer les différents apports des disciplines associées à trois grands domaines sémiotiques – les études littéraires et la linguistique, l’histoire de l’art et l’analyse des images, la musicologie et les études sur le son – mais aussi proposer des approches transversales ancrées d’une part dans l’esthétique philosophique, et d’autre part dans l’histoire culturelle, la sociologie de la culture, l’anthropologie des formes symboliques et les sciences sociales en général.

C’est là un positionnement qui à notre connaissance n’a pas d’équivalents dans le champ français des sciences humaines et sociales, et qui s’inscrit dans une démarche à la fois pluridisciplinaire et transdisciplinaire, comme l’indique par exemple le fait que le CRAL couvre au moins quatre sous-domaines distincts de la nomenclature de l’AERES : SHS5_3 (Arts), SHS5_1 (Langues et littératures anciennes et françaises, littérature comparée), SHS5_4  (Philosophie),  et SHS6_2 (Histoire de l’art). Ce profil est également peu fréquent dans le champ international où, malgré la dissémination des cultural studies, les logiques disciplinaires et les départements consacrés à un seul domaine sémiotique restent dominants dans l’approche des questions esthétiques, et où ces mêmes départements font rarement place à la diversité disciplinaire qui caractérise notre travail dans chacun de ces domaines. En ce qui concerne l’étude des images, par exemple, les départements d’histoire de l’art, d’esthétique ou de culture visuelle ne possèdent pas le spectre de disciplines et le  champ d’action diversifié du CRAL, et la même chose peut être dite des départements voués aux études musicales, vu la convergence au sein de notre unité d’une musicologie des pratiques savantes, une sociologie des cultures populaires, et une ethnomusicologie conçue d’ailleurs en tension avec sa vocation patrimonialisante traditionnelle. Les centres de recherches les plus proches du nôtre sont peut-être les Humanities Centers états-uniens qui allient histoire, littérature, philosophie et histoire de l’art autour des questions contemporaines, mais qui n’ont pas véritablement intégré les sciences sociales. Un autre modèle proche, dans le monde germanophone cette fois, s’est constitué sous la forme de projets à durée limitée, conçus autour d’une notion fédératrice : Bildkritik à Bâle, Bildakt et Bildevidenz à Berlin. Certains de ces projets impliquent des historiens et des sociologues (aux côtés de philosophes, de sémioticiens et d’historiens de l’art) mais excluent l’apport des anthropologues et des linguistes, sans parler des spécialistes des autres arts. La situation des études littéraires, certes plus complexe à cause de la cartographie diversifiée de ses ancrages institutionnels, nous permet toutefois d’avancer un diagnostic similaire, du moment que les découpages périodiques, nationaux ou monographiques qui prévalent à l'université sont pris au CRAL non comme des frontières a priori, mais comme des objets d’étude, et compris comme autant de modes de contextualisation et de construction du sens. Au CRAL, en effet, la littérature est abordée selon une triple dimension, à savoir cognitive, historico-sociale, et éthique et existentielle, ce qui en fait le lieu d’émergence de problématiques novatrices et justifie sa vocation à fédérer les travaux sur la littérature qui émanent de chercheurs de l’École.

La position singulière du CRAL étant fondée sur l’articulation complexe de ses travaux et ses zones d’intérêt, il en résulte l’exigence d’un effort accru d’intégration au niveau interne qui est également liée au contexte institutionnel, afin de préserver la cohésion du groupe face à une incitation par ailleurs bien acceptée à multiplier les passerelles vers l’extérieur. Le développement du Labex CAP revêt à cet égard une importance considérable : il promet d’accroître la visibilité nationale et internationale de l’unité, et favorise la multiplication des collaborations avec les collègues d’autres UMR de l’Ecole, et d’autres institutions du Pres Hésam. Par l’intermédiaire de ses représentants au Conseil du Labex, le CRAL souhaite jouer pleinement son rôle dans la définition des orientations de cette nouvelle structure, qui se présente comme une instance importante pour cristalliser, sous forme de projets effectifs, des thématiques qui autrement risqueraient de rester à l’état d’ébauches ou d’intentions. Cependant, il est à noter que le Labex CAP diffère lui-même des projets allemands et suisses mentionnés ci-dessus déjà par la modestie relative de son budget, mais aussi par son caractère de fédération d’unités préexistantes qui, il faut le craindre, rendra difficile le développement d’un programme de recherche organique, même si cette nouvelle instance peut contribuer à élargir encore le rayonnement de notre centre et le spectre de ses partenariats.

Par ailleurs, nous recensons actuellement une bonne dizaine de thématiques qui pourraient faire l’objet de financements ANR dans un avenir plus ou moins proche. Il est trop tôt pour dire lesquels de ces sujets se transformeront concrètement en projets ANR du CRAL, mais leur simple existence indique que les chercheurs ont pleinement intégré l’idée que les ressources propres du laboratoire sont insuffisantes pour les financer tous et qu’il faut donc s’efforcer de chercher d’autres moyens, avec comme corollaire la nécessité de veiller à ce que la multiplication de collaborations extérieures ne renforce pas les tendances centrifuges existantes au sein de l’unité.

La singularité de notre UMR s’exprime également sur le plan pédagogique, vu le rôle prédominant des  membres du CRAL dans l’animation du master Arts et Langage et la formation doctorale Sciences du Langage, fondées sur le principe de complémentarité des études sur les arts visuels, la littérature et la linguistique ; dans celle du master Musique et la formation doctorale Musique, histoire, société, qui proposent une articulation originale entre musicologie et sciences sociales, en collaboration avec l’Ircam, l’EPHE, le CNSMDP et l’ENS-Ulm; et tout récemment dans la création de la spécialité Théorie de la littérature, conçue à l’intérieur du même master Théories et Pratiques du Langage et des Arts avec Paris IV et l’ENS-Ulm, ainsi que dans la signature d’un accord avec la Freie Universität de Berlin et Columbia University de New York pour la mise en place d’un doctorat en littérature véritablement novateur à l’échelle internationale.

Le CRAL a toujours été conçu comme un lieu de fédération des spécialistes des différents secteurs du vaste champ des phénomènes artistiques, culturels et linguistiques. Notre recherche collective est ancrée dans un dispositif de collaboration qui, comme il a été rappelé dans la première partie de ce rapport, s’est renforcé au fil des ans par l’incorporation d’entités telles que le Centre d’Etudes sur l’Histoire et la Théorie des Arts (CEHTA), le Laboratoire d’Histoire Visuelle Contemporaine (LIVHIC), l’Equipe Fonctions Imaginaires et Sociales des Arts et des Littératures (EFISAL) et, tout récemment, le Fonds Ricœur. La nouvelle étape de notre parcours, dont l’amorce coïncide avec le trentième anniversaire du CRAL, vise à intensifier encore ces échanges interdisciplinaires, sans cesser d’être attentifs aux spécificités des œuvres, des langages et des pratiques esthétiques. La volonté d’approfondir le dialogue entre les membres et de parfaire l’intégration de ses composantes semi-autonomes conduit à organiser désormais les activités collectives du CRAL pour la période 2014-2018 non pas en fonction d’équipes, comme c’était encore le cas dans le projet quadriennal précédent, mais selon quatre axes thématiques : Littératures et textes (sous la responsabilité de Marielle Macé, Anne Simon et Philippe Roussin) ; Images et histoire de l’art (Giovanni Careri, André Gunthert et Georges Roque) ; Sons et musiques (Esteban Buch et Emmanuelle Olivier) ; Esthétique, valeurs et représentations (Nathalie Heinich, Yves Hersant, Yolaine Escande, Olivier Abel).

EHESS
CNRS

flux rss  Actualités

La musique et les sciences sociales : recherches émergentes

Journée(s) d'étude - Jeudi 04 mai 2017 - 09:30Pour la neuvième année consécutive, cette journée d’étude se propose de réunir des étudiants de master et de doctorat dont le travail de recherche se centre sur la musique pensée dans une perspective interdisciplinaire (musicologie, sciences sociales (...)(...)

Lire la suite

Narratologie et (méta)herméneutique

Séance spéciale de séminaire - Mardi 18 avril 2017 - 15:00Cette conférence sera donnée par Liesbeth Korthals Altes (Université de Groningue, Pays-Bas), dans le cadre du séminaire "Recherches contemporaines en narratologie : "Entre fictionnel, virtuel et documentaire : narratologies en confrontat (...)(...)

Lire la suite

« Breton après Breton » 1966-2016 : Philosophies du surréalisme

Colloque - Mercredi 26 avril 2017 - 10:00Ce colloque international est organisé sous la responsabilité scientifique de Jacqueline Chénieux-Gendron (CRAL-CNRS) et de Pierre Caye (Centre Jean Pépin, CNRS-ENS).« Revenir à l’oeuvre même pour l’appréhender en termes d’idées, de travail de la pensée e (...)(...)

Lire la suite

Plus d'actualités

CRAL
96, bd Raspail - 75006 Paris
Tél. : +33 (0)1 53 63 56 23
Fax : +33 (0)1 53 63 56 21
cral@ehess.fr