Conventions et projets

ANR ANIMOTS

Portage du programme

Anne Simon (CNRS-CRAL)

Membres du programme

André Benhaïm, Princeton University

Éliane DalMolin, Connecticut University

Lucile Desblache, Roehampton University
Jacques Poirier, Université de Bourgogne

Alain Romestaing, Université Paris Descartes; responsable pour Écritures de la modernité- Paris III
Alain Schaffner, Université Sorbonne nouvelle-Paris III

Jean-Marie Schaeffer, CRAL / CNRS-EHESS
Anne Simon, CRAL / CNRS-EHESS; responsable du programme
Sabrina Valy, coordinatrice/ingénieure d'étude du programme (remplaçant Audrey Lasserre depuis octobre 2013)

Présentation

Sélectionné par l’Agence nationale de la recherche et fondé sur un partenariat entre le CRAL (CNRS/EHESS) et l’EA « Écritures de la modernité » (conventionnée CNRS, Université Paris III), le projet Animots (2010-2014) est constitué de huit chercheurs et une ingénieure d'étude. Il vise à pallier le manque d’une recherche organisée à moyen et long terme sur les animaux, l’animalité et les rapports hommes/bêtes dans la littérature de langue française des XXe-XXIe siècles. L’appartenance de trois chercheurs à des établissements britanniques et américains permet de tenir compte des renouvellements théoriques anglo-saxons et de développer la recherche en anglais et en français.

Cinq séminaires pluridisciplinaires, un congrès international, quatre colloques, plusieurs sessions dans des congrès internationaux, une quinzaine de publications collectives et une bibliographie raisonnée conduisent à l’actualisation des réflexions en France, aux États-Unis et au Royaume Uni.

Actualité de la question de l’animalité : un carrefour de disciplines

Les bouleversements historiques propres aux XXe-XXIe siècles ont engendré une intense activité intellectuelle sur la question de l’animal : du grand bond en avant darwinien et mendélien jusqu’aux pandémies les plus actuelles, en passant par la réification du vivant, l’extinction massive d’espèces ou les xénogreffes, la coupure anthropozoologique se trouve tantôt dramatiquement accentuée, tantôt remise en cause. Pour ne citer que quelques disciplines, de la philosophie à la biologie, en passant par le cognitivisme, l’histoire ou les sciences politiques, l’animal est envisagé comme un objet d’étude incontournable, provoquant des reconfigurations majeures du champ de la recherche: disparition de l’histoire naturelle, développement de l’écologie, de l’éthologie, de l’écocritique, de l’éthique...

Dans ce concert intellectuel, les discours et représentations propres à la création littéraire sont rarement pris en compte par une critique qui aborde l’animalité selon des axes traditionnels (analyses allégoriques ou symbolistes, études régionalistes, cantonnement à certains genres dits mineurs). Or, depuis le début du XXe siècle, les écrivains sont légion à inscrire leur production dans les enjeux sociaux et épistémologiques les plus contemporains : il devient donc crucial de légitimer la question de l’animalité en études littéraires et de renouveler celles-ci par l’établissement de transversales avec d’autres disciplines.

Un sujet émergent dans les études littéraires

L’animal, si « naturel » au niveau phénoménologique et existentiel, est en réalité un objet d’étude fuyant et démultiplié, construit par les chercheurs autant qu’étudiés par eux : le pluriel du projet « Animots », inspiré du néologisme créé par Jacques Derrida,  met en exergue le caractère réducteur du mot « animal », supposé rassembler des rapports au monde diversifiés, voire incomparables. L’intitulé rappelle en outre que la recherche se fait sur le terrain du langage critique et créatif : on examine quels procédés narratologiques et stylistiques peuvent rendre compte de « mondes animaux » (Uexküll) et de modes d’être réputés inaccessibles à l’humain, et, au niveau cognitif, si des émotions comme la projection, l’empathie ou l'anthropomorphisme, souvent propres à la démarche scripturale, sont à même de donner accès à une altérité spécifique. L’inscription des textes dans leur contexte scientifique de même qu’une reconfiguration de l’histoire littéraire sont mises en œuvre à partir de la problématique de l’animalité.

Si l’animal, dont Moby Dick est le paradigme, s'avère un point de fuite pour la littérature (J.- C. Bailly), poésie et fiction, par la figuralité, n'en parlent pas moins de l’animal et pour l’animal (G. Deleuze), et apportent un savoir spécifique sur le vivant, et non pas seulement une représentation de celui-ci.

Carnet de recherche : http://animots.hypotheses.org/

Archives Ouvertes :http://halshs.archives-ouvertes.fr/ANIMOTS/

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